Il y a deux aspects à discuter autour de cet article de TechCrunch: d’une part l’aspect publicité, d’autre part l’aspect réseau social, et plus particulièrement réseau social autour du shopping.
Sur l’aspect publicité, certains y voient une violation de la vie privée. Pour ma part, je ne suis pas d’accord: je considère en effet que la plupart des gens sont maintenant conscients qu’ils donnent accès à beaucoup d’informations en s’inscrivant sur différents sites, que ce soient les pages d’accueil personnalisées (Netvibes, iGoogle, PageFlakes, …), les réseaux sociaux (Facebook, MySpace, Viadeo, Ning,…), et même, à mon sens le summum, en utilisant les webmails, avec à son sommet Gmail, qui arrive à proposer de la publicité ciblée en fonction des mots clés repérés dans vos mails.
C’est donc sûr, disposer d’informations très précises sur les utilisateurs d’un service permet de proposer une publicité très ciblée. Mais, où est le mal ?
Revenons dans le monde réel:
Je suis un homme, j’ai 26 ans, suis célibataire et n’ai pas d’enfants. Pourquoi, mais pourquoi donc suis-je obligé de me coltiner à la télé les pubs concernant l’hygiène féminine (des tampons super absorbants qui s’ouvrent en corolle aux serviettes parfumées procurant un souffle de fraîcheur ….), les couches & pots pour bébés, les jouets & séjours familiaux
dans des parcs d’attractions, etc… ?
Ca ne m’intéresse pas, pire, ca m’énerve, et m’encourage donc parfois à zapper.
Autrement dit, proposer de la publicité non-ciblée à un utilisateur a deux inconvénients:
- d’une part cela peut procurer une sensation négative à l’utilisateur (moi)
- d’autre part cela peut générer la perte d’un utilisateur au niveau du service (dans l’exemple ci-dessus, le service est une chaine de télévision).
Cependant, ramené au monde virtuel (le web), il est rare de quitter un site ou un service en raison d’une publicité non-ciblée. Rare mais pas inexistant. En effet, de nombreux sites persistent à diffuser des publicités totalement intrusives (flash & autres).
Mais en ce qui concerne le “matraquage publicitaire”, quel mal y a t’il à ce que la publicité soit ciblée? Le ciblage consiste bien à me proposer une publicité à laquelle je serai sensible, c’est-à-dire une publicité me proposant biens ou services correspondant à mes centres d’intérêts. Finalement, avec un ciblage basique, je préfère que l’on me propose une publicité pour la dernière voiture de la marque X, les rasoirs Y ou encore les plats pour micro-ondes Z, le ciblage n’ayant rien à voir avec le volume ou l’espace publicitaire alloué sur un site.
Bref, pour moi, le ciblage n’a rien de mal. Sauf si l’on considère que la publicité est mal de manière intrinsèque et que les entreprises ne doivent pas gagner d’argent
Sur l’aspect réseau social, Michael Arrington donne un exemple d’utilisation tout à fait ntéressant: “Par exemple, une personne peut acheter un livre ou un DVD sur Amazon. Avec Beacon cette information sera insérée directement sur le fil infos de Facebook”.
L’on revient ainsi au concept de “social shopping network” et je trouve cela tout à fait pertinent. En effet, nombre d’études prouvent que la recommandation d’articles a une part extrêmement importante dans la réflexion pré-achat. La recommandation peut-être :
- directe, lors d’une conversation entre amis,
- indirecte et anonyme lorsque les internautes consultent des sites d’avis (vozavi.com, Shopreflex.com, looneo.fr ou même les avis des internautes sur les sites d’achats eux-mêmes comme Amazon ou Fnac.com).
- et depuis quelques temps, la recommandation peut provenir des blogs, qu’ils soient spécialisés (le journal du geek par exemple) ou bien qu’il s’agisse de blogs influents payés pour écrire librement sur un sujet, un bien, une offre de services etc… (ex: Cédric Giorgi qui écrit sur CanalSat).
Ainsi l’on retrouvera bientôt sur les réseaux sociaux la meilleure des recommandations: la preuve d’achat. Et si l’on corrèle cela avec les autres aspects des réseaux sociaux, on se rend compte du potentiel business phénoménal du social shopping. Ca en devient du shopping viral, au même titre que les applications facebook se déploient par les relations entre individus inscrits, que la musique se diffuse entre amis grâce à des applications comme iLike, etc..
Beacon tend à permettre le social shopping sur n’importe quel domaine, en ce qui concerne l’achat en ligne, et bientôt StoreXperience permettra le social shopping dans le monde réel. Mais ca, c’est une autre histoire …