Ce titre n’est pas de moi, il vient d’un article écrit par Anne Baker publié par CenterNetworks fin avril 2007.
Pour les non-anglophones, je vais essayer de traduire cet article ici (faites preuve de tolérance pour la qualité de la traduction !!) et pour ceux qui peuvent lire en anglais, l’article original est ici :
http://www.centernetworks.com/moving-from-web-2-0-to-user-experience-2-0.
Il y a eu beaucoup de discussions et controverses autour du terme Web 2.0 et le concept d’évolution du web partant d’une collection de sites web vers une plateforme informatique compréhensible délivrant des applications à ses utilisateurs finaux. Mais lorsqu’on parle de téléphonie mobile, est-il possible d’imaginer que la vraie révolution se fera surtout au bénéfice des publicitaires et opérateurs mobiles qui pourront via cette plateforme Web diffuser bien plus facilement ?
Si l’on suit les récentes tendances, la réponse est clairement ‘oui’. Les grosses marques comme Apple, Yahoo, TiVo et Google ont tous récemment élargis leur stratégie mobile en dépassant les simples, et sommes toutes limitées, expériences accessibles via messagerie et technologies web mobile pour proposer une utilisabilité et des options de personnalisation que seules les applications téléchargeables et installées sur les mobiles peuvent proposer. Ainsi, le focus semble passer de ‘Web 2.0′ vers ‘Expérience utilisateur 2.0′ dans la mesure où ces marques mettent la priorité sur l’expérience utilisateur et explorent les meilleures voies pour atteindre, leurs consommateurs durant leurs journées très actives et mobiles.
Les grandes marques dirigent le mouvement :
Alors qu’utiliser le web pour développer des services est tout à fait sensé pour des sociétés ciblant les utilisateurs de PC, les limitations de téléphones mobiles (taille de l’écran, mémoire) ont rendu le succès à long terme du web mobile beaucoup plus incertain. Beaucoup de marques recherchent ainsi des technologies alternatives pour offrir un accès plus riche et plus « user-friendly » à leur services que le web mobile peut leur proposer. En fait, il y a actuellement énormément d’activité derrière les rideaux où les grandes marques mènent une course au premier qui établira une fidélité ‘marquée’ avec les consommateurs mobiles.
Par exemple, la récente initiative menée par Yahoo! Avec Yahoo! Go dépasse le traditionnel site web mobile que les sociétés proposent à leurs consommateurs en mettant ici à disposition une application téléchargeable qui conserve en permanence le consommateur à 1 click de la marque. L’application téléchargeable propose en permanence un portail sur le téléphone rendant accessibles une série de services de Yahoo! incluant l’email, les informations locales et cartes, les actualités aussi bien sportives que financières ou encore liés aux divertissements, la météo, les photos Flickr et enfin la recherche. Ceci donne aux utilisateurs de Yahoo! un moyen facile d’accès aux services sans avoir à taper de longues adresses (url) sur des claviers inadaptés, ou encore d’attendre entre chaque click nécessaire sur le web pour passer d’un service à l’autre.
Il est ainsi clair qu’ils lancent un défi au niveau de l’expérience utilisateur auprès de ses concurrents comme Google & Aol, qui cherchent aussi à atteindre les (et à faire de la publicité auprès des) 900 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles actuels. Une étude de Thomas Weisel écrite par l’analyste Christa Quarles déclara récemment : ‘Nous pensons effectivement que Yahoo! Go Mobile a effectué un travail incroyable en rassemblant ses services locaux dans un package simple à utiliser (complet avec des gadgets d’autres fonctionnalités)… On pourrait entre-apercevoir un monde dans lequel Google serait capable de passer outre les opérateurs pour créer un réseau mobile financé par la publicité où son contenu (par exemple les recherches locales, les cartes, …) deviendrait un portail pour les utilisateurs prêt à se lancer sur le web mobile’.
MSNBC.com a aussi lancé son propre portail embarqué sur mobile cette année. Dans leurs réflexions sur la décision de s’étendre au-delà de leur site mobile, Dan Mucha, directeur de la stratégie de développement commercial, donna cet argument : ‘En tant que site d’information leader, MSNBC.com cherche en permanence à proposer la meilleure expérience digitale à ses utilisateurs. Nous avons détecté très tôt que les téléphones mobiles constituent un canal pertinent permettant d’adresser à l’utilisateur les actualités et vidéos qu’il veut pouvoir consulter en situation de mobilité, et à partir de là, nous avons poursuivi une stratégie permettant de distribuer notre contenu au travers de différents appareils mobiles, incluant le site WAP MSNBC.com et un portail d’information sous forme d’application embarquée ‘Multimedia on Mobile’. Alors que le site WAP permet d’atteindre l’audience maximum, le portail embarqué ‘Multimedia on Mobile’ offre à ses utilisateurs une expérience riche et un contenu très utilisable, proposant les des vidéos et présentations MSNBC tout en permettant une personnalisation et des fonctions de messagerie. Le portail embarqué permet aussi à nos annonceurs d’atteindre les consommateurs au travers d’un affichage classique mais aussi animé dans un environnement exclusif, ce qui permettra d’atteindre de fort taux de click.’
La publicité mobile stimule la croissance
De nombreux analystes ont attribué la montée du Web 2.0 à l’énorme croissance dans la publicité en ligne. Comme le commentaire de Dan le souligne, lorsqu’il s’agit de mobile, les grandes marques comptent aussi sur les publicités pour stimuler la découverte du contenu. Toutefois, ces marques se sont rapidement rendu compte que les limites du facteur mobile , tels que les connexions perdues et les multiples clicks, peuvent rendre la publicité sur le web mobile hautement inefficace et frustrant pour les consommateurs.
En donnant la priorité à l’ ‘expérience utilisateur 2.0′ par rapport au ‘Web 2.0′, ces sociétés ont commencé à déployer rapidement des applications et portails téléchargeables qui compensent les problèmes liés aux mobiles. Avec moins de dépendance à l’égard du réseau et un engagement fort pour faciliter la navigation, les portails embarqués (ODP – On-Device Portal) apparaissent comme la solution idéale pour les entreprises qui cherchent à surmonter les écueils du Web mobile en réduisant la navigation nécessaire à la consommation de l’information. Cette extension technologique offre aux consommateurs un bon moyen de profiter du contenu mobile et propose des publicités à l’utilisateur dans un environnement convivial. En présentant des publicités hors-ligne et en les mettant à jour sur une base quotidienne, plutôt que de forcer l’utilisateur à attendre en les téléchargeant lors d’un évènement, les portails embarqués surmontent la problématique du ‘ne me faites pas payer pour cette frustration que présente le web mobile‘. Pour les grandes marques, cela signifie qu’en améliorant l’expérience utilisateur, ils peuvent générer de plus gros revenus publicitaires qu’ils ne le pourraient avec de simples sites web mobiles et peuvent aussi construire leur image de marque par le biais de ce medium croissant, sans-fil.
Le marché se réchauffe
Lorsque le besoin s’en fait ressentir, il y a toujours des entreprises qui cherchent à le combler, et le marché des portails embarqués est certainement en train de chauffer. Des petites entreprises agiles deviennent des ingrédients nécessaires aux grandes marques qui veulent venir rapidement sur le marché du mobile et commencer à générer leur part des milliards de dollars que représentent les marchés de la publicité et du merchandising mobile que de nombreux analystes prédisent.
Manifestement, lorsqu’on examine le future du ‘Web 2.0′ pour le mobile, il est important de comprendre que les principes qui étaient viables avec les ordinateurs ne s’appliquent pas forcément au niveau de la téléphonie mobile. Mettre en avant les besoins des consommateurs signifie que les entreprises doivent examiner et reconditionner la façon dont ils offrent leurs services aux consommateurs sans-fil. Il est cependant réconfortant de constater que les grandes marques réfléchissent aux meilleures technologies et méthodes pour proposer du contenu et des services ‘Web 2.0′ sur le médium mobile, même si cela signifie aussi de consacrer moins de temps sur le Web lui-même.
Je trouve cet article particulièrement intéressant, car dès lors que l’on parle de web mobile, on se trouve confronté à 2 définitions distinctes liées à l’usage et à l’expérience que l’utilisateur pourra en tirer :
- Une expérience relativement pauvre au travers d’un navigateur web intégré au téléphone mobile (Internet Explorer mobile, Opera et bientôt Firefox mobile), qui aura l’avantage de se rapprocher d’usages très développés auprès des cibles : les gens qui utilisent un téléphone portable utilisent en grande majorité aussi internet, ils ont donc au fur et à mesure développé une connaissance et une culture Web qui leur permettrait, à priori, de transiter facilement cette culture sur un nouveau média : le mobile. L’inconvénient majeur est qu’à l’heure actuelle les capacités des téléphones mobiles et surtout des navigateurs mobiles sont très limitées et ne permettent de ne retrouver sur son mobile qu’un équivalent de ‘Web 1.0′
- Une expérience beaucoup plus riche, comparable à l’expérience proposée par des services ‘Web 2.0′ mais qui nécessitera l’installation d’un logiciel particulier sur l’appareil lui-même, ce qui à mon sens peut représenter un frein conséquent à l’adoption massive des utilisateurs.
Cependant, les exemples cités dans cet article montrent que les principaux acteurs de ce marché ont tendance à favoriser la dualité de ces 2 systèmes qui n’ont pas les mêmes objectifs et dans un souci d’accessibilité et d’adoption consommateur, c’est une très bonne chose. Finalement que ce soit du web, du web mobile, ou autre chose, il faut que l’utilisateur ait accès aux informations et qu’il souhaite quel que soit l’appareil et son mode d’utilisation (notamment sur les GPS).
Enfin, on constatera encore une fois que le business model qui semble se dégager en premier dans l’avenir du Web mobile est …. la pub ! Donc de ce côté-là, il reste certainement des choses à inventer … nous y reviendrons !